Economie circulaire, un exemple inspirant. Le Relais Val de Seine, première entreprise d'insertion des Yvelines, a fêté ses 20 ans.

Témoignage de Jean-François Luthun, P-DG du Relais Val de Seine

En septembre dernier, le Relais Val de Seine fêtait ses 20 ans. Le bel âge pour cette Scop, première entreprise d'insertion des Yvelines et acteur social et économique moteur du territoire Seine-Aval.

20 ans d'engagement contre l'exclusion

Depuis son installation en 1994 à Chanteloup-les-Vignes, le Relais Val de Seine n'a cessé de faire croître son activité, afin de créer des emplois locaux durables.« La structure est née de l'interpellation des élus locaux qui avaient entendu parler de la naissance de cette initiative dans le Nord Pas de Calais », raconte Jean-François Luthun, PDG du Relais Val de Seine. « Les élus voyaient là une solution autre que celle de l'assistanat pour résoudre une partie des problèmes liés à l'emploi en banlieue. » Le pari est réussi puisqu'aujourd'hui, 90 % des employés du Relais Val de Seine viennent d'un rayon de 15 km autour de Chanteloup-les-Vignes.

Le choix du statut coopératif pour refléter les valeurs de l'entreprise

« Depuis la naissance du Relais, nous fonctionnons sur le principe de la transparence totale, même lorsque nous étions sous statut SARL classique », précise Jean-François Luthun. « Par exemple, nous organisons des réunions mensuelles pour présenter les comptes de résultat. L'ensemble des sociétaires valide les comptes. Ce principe de démocratie directe était là dès le départ, mais nos statuts ne le reflétaient pas. Il était donc naturel que nous adoptions un statut coopératif, en 2002. » Pour les salariés, la Scop permet une plus grande adhésion au projet d'entreprise. « La Scop est un moyen de replacer les personnes éloignées de l'emploi au cœur de la société », affirme Jean-François Luthun.

La Scop est-elle particulièrement bien adaptée à l'insertion ? Selon lui, « ces personnes ont été beaucoup assistées dans leur vie. La Scop est l'école de la responsabilité. En les impliquant dans l'entreprise, on les rend autonomes. Ils n'ont pas seulement un droit de vote dans l'entreprise, leur implication est plus forte, va au-delà. C'est un cercle vertueux. »

Au Relais Val de Seine, le principe de rémunération diffère légèrement d'une Scop classique. Ici, les sociétaires s'engagent dans l'entreprise, ont le droit de vote, mais ne touchent pas de « dividendes ». Le but n'est pas de faire plus de bénéfices, mais bien de développer l'activité pour pouvoir embaucher.

La Scop compte aujourd'hui 130 employés. Le professionnalisme des équipes du Relais, ainsi que l'optimisation de l'activité, permettent aujourd'hui à l'entreprise d'être quasi systématique préférée à la concurrence par les collectivités. Actuellement, le Relais traite 4 000 tonnes de déchets par an. L'objectif est d'atteindre les 7 000 tonnes, et d'embaucher 80 salariés de plus.

Par ailleurs, le Relais s'engage dans des projets de Recherche & Développement, comme sur la problématique du recyclage des chaussures, par exemple.

Des conseils pour les porteurs de projets ?

« Il faut avoir la philosophie du travail en équipe dans les gènes », répond sans hésitation Jean-François Luthun. « Il faut savoir accepter les idées des autres, être remis en cause. Mais cette différence est une source d'enrichissement ! Et puis il faut absolument démarrer en étant encadré, entouré. Pour ça, l'URScop est géniale, ils sont là quand on a besoin. Il ne faut pas hésiter à prendre appui sur d'autres dirigeants, qu'ils soient dans une Scop ou non. L'essentiel est de ne pas rester seul. »

Plus d'infos sur le Relais Val de Seine

Implanté depuis 1994 à Chanteloup-les-Vignes, EBS Le Relais Val de Seine est en charge de la collecte textile sur les territoires de l'ouest francilien (Val d'Oise, Yvelines, Hauts de Seine). EBS Le Relais Val de Seine collecte 4 000 tonnes de textiles par an dont 2 500 tonnes triées dans le centre de Chanteloup-les-Vignes.

Une Scop en bref

Une Scop a la particularité d'appartenir à ses salariés associés majoritaires (ils détiennent au minimum 51% du capital et 65% des droits de vote). Les décisions fonctionnant sur un principe démocratique, tout salarié associé détient une voix lors des Assemblées Générales, quel que soit le montant de son capital. Impliqués, écoutés, ils sont aussi motivés par le système de répartition équitable de la richesse produite (entreprise, capital, salariat) : en moyenne, les Scop redistribuent 40% des résultats à leurs salariés. Les Scop démontrent les vertus d'une économie organisée sur la durée.

Les Scop et les Scic dans les Yvelines

Le département des Yvelines compte 25 coopératives (Scop et Scic), réparties dans tous les domaines d'activité : Le Relais EBS Espérance, ASCI (sellerie et tapisserie), GTB (Travaux publics), La Pause café Louveciennes (café restaurant), ou encore Ekoscop (conseils de gestion) ou Tools'Art (design et architecture d'intérieur).

Témoignages de créateurs des Yvelines :