Témoignage de François Longerinas, Pdg de l’Ecole des Métiers de l’Information – Coopérative de Formation Professionnelle (EMI-CFD)

Coopérateur engagé

Votre coopérative en quelques mots...

François Longerinas, PDG de l'EMI-CFD

F. L. : L’Ecole des Métiers de l’Information a été créée en 1982, sous forme associative dans un premier temps.

En 1995, nous avons dû faire face à un fort développement de notre activité : la presse traditionnelle se transformait, l’informatisation prenait une place de plus en plus importante… Le modèle associatif se révélant insuffisant financièrement, nous avons pu choisir de nous transformer en Scop, afin de répondre plus efficacement à ces évolutions.

Nous proposons un ensemble de formations dans les secteurs de la presse, de l’édition, et de la communication éthique (à travers les arts graphiques, la photographie et le multimédia). Elles s’adressent aussi bien à des entreprises privées qu’à des institutions publiques, des collectivités territoriales, ou encore à des particuliers, dans le cadre d’une reconversion ou d’une découverte, en stages ou cours du soir, par exemple.

Fervents partisans d’une pédagogie active et héritiers de l’éducation populaire, nous sommes ainsi « l’Autre école » de journalisme en France. La Scop compte 25 salariés permanents, associés dans leur quasi-totalité, ainsi que près de 200 intervenants vacataires pour assurer les formations. Bon nombre d’entre eux exercent au sein d’une CAE (Coopérative d’activité et d’emploi). La coopération se retrouve donc à tous les niveaux à l’EMI !

Quelles sont les évolutions en cours et les enjeux spécifiques à votre secteur d’activité, actuellement ?

F. L. : La mise en œuvre de la réforme de la formation professionnelle, début 2015, nous a énormément impactés, à l’image de l’ensemble du secteur. Notre activité est en net recul depuis deux ans, à raison d’une baisse de près de 25 % de notre chiffre d’affaires. Notre solidité financière, en partie assurée par nos spécificités coopératives, nous a permis d’accuser le coup jusqu’à présent, mais pour l’année à venir, nous allons devoir réajuster notre modèle économique : nous allons baisser notre masse salariale pendant un à deux ans, par exemple.

Cette situation est paradoxale, car elle arrive à un moment où nous connaissons une très forte demande : les entreprises font de plus en plus appel à nous, nous sommes enfin reconnus, dans notre singularité coopérative, par les branche professionnelles de la presse et de l’édition, les demandes de stages affluent…

Et pourtant, en raison des problèmes de financements qui découlent de cette réforme, qui ont gelé pendant plus d’un an tout accord de formation, notamment les CPF (Compte personnel de formation), notre activité a chuté, malgré un nombre important de formations certifiées.

Quelle réponse propose l’EMI-CFD face à ces enjeux ? En quoi cette réponse constitue-t-elle une alternative, en quoi concrétise-t-elle l’ambition d’« Entreprendre autrement » ?

F. L. : En réponse à cette crise, nous avons décidé de réagir par l’action. Nous avons ainsi redéployé nos formations qualifiantes et sur-mesure, qui n’entrent pas dans le cadre du CPF et ne sont donc pas impactées, mais qui répondent à des demandes directes d’entreprises ou de particuliers. Nous avons recruté une responsable commerciale il y a six mois pour être davantage proactifs sur ce volet. 

Nous avons également déménagé pour investir des locaux mutualisables avec d’autres structures dont les valeurs sont proches des nôtres, pour d’une part, baisser nos charges fixes, mais aussi favoriser les coopérations entre différentes filières.

Le mot de la fin ?

À la mi-mai, nous allons lancer une campagne de titres participatifs pour renflouer nos réserves, qui ont été bien grignotées pour éponger notre baisse de chiffre d’affaires.

Les sociétaires de la Scop ont déjà mis la main à la poche à hauteur de 40 000 €, mais nous aurions besoin de rassembler 100 000 € supplémentaires via les titres participatifs, d’ici fin août. Pour y parvenir, nous comptons sur la mobilisation de nos réseaux !

Plusieurs Scop et Scic nous ont déjà assuré apporter leur contribution, même symbolique… La solidarité se révèle réelle et sincère dans notre grande famille coopérative et associative !