3 questions à...

Combien formez-vous d’apprentis chez S.O.E Stuc et Staff et quelle est votre politique en matière d’accueil des jeunes ?

Bruno Rondet, P-DG de la Scop SOE Stuc et Staff

Sur les 70 salariés que compte la Scop S.O.E Stuc et Staff sur ses deux sites (à Montmagny et à Paris), nous avons reçu en moyenne depuis quinze ans un jeune par an en contrat d’apprentissage, et un à deux jeunes en contrat de professionnalisation. Par ailleurs, nous sommes très sollicités par les lycées professionnels pour les stages annuels que doivent effectuer leurs élèves dans le cadre de leur diplôme. Ces jeunes ont en général beaucoup de mal à trouver une entreprise qui accepte de les recevoir : chez SOE, nous faisons le choix de leur ouvrir largement nos portes, et nous recevons donc une quinzaine d’élèves en stage par an. Cette politique d’accueil nous impose de bien choisir nos tuteurs : il faut qu’ils aient au minimum quinze ans d’expérience et soient particulièrement pédagogues.

Que pensez-vous que l’apprentissage apporte à l’entreprise ? Que l’entreprise apporte-t-elle aux apprentis ?

La Scop a été créée en 1905. Si nous ne nous étions pas appuyés sur la transmission de notre savoir-faire pour pérenniser notre entreprise, nous ne serions plus là ! La culture de la transmission est donc l’un des socles de S.O.E, elle est essentielle. Il faut dire que 90 % de notre activité repose sur le façonnage à la main : c’est une technique qui ne peut que se transmettre que par l’intermédiaire d’un long apprentissage et la passation d’un savoir-faire ! Il faut en moyenne 7 ans de pratique pour devenir un compagnon. L’apprentissage est donc un pari sur le long terme. En formant ces jeunes aussi bien techniquement que culturellement, nous garantissons à la Scop une sorte de « fond de roulement », puisque le contrat d’apprentissage débouche généralement sur une embauche.

90 % de l'activité de la Scop repose sur le façonnage à la main.

Ça change quoi, d’être apprenti dans une Scop ?

L’un des principes de la Scop repose sur la pérennisation d’une activité sur son territoire. C’est pourquoi je pense qu’en tant que Scop, nous avons le devoir de prendre des jeunes pour les former à la culture de l’entreprise et à la culture de la coopération. C’est une manière d’assurer notre avenir, tout comme le leur. En intégrant S.O.E dans le cadre d’un apprentissage, les jeunes ont la possibilité de s’imprégner pleinement de la Scop et ses valeurs. Je pense donc que cela génère une plus grande implication de leur part dans l’entreprise. Pour preuve, plusieurs anciens apprentis font aujourd’hui partie des salariés-associés de la Scop !