La CGPME Ile-de-France et l'Urscop, un partenariat innovant face aux défis de la transmission d'entreprise

La reprise et la transmission d'entreprise vont être au cœur des enjeux l'économie française ces cinq prochaines années. Pour la première fois, les réseaux CGPME et SCOP, à travers leurs fédérations franciliennes, allient leurs savoir-faire pour proposer une solution innovante aux chefs d'entreprise en position de céder.

Le 30 novembre dernier, a eu lieu leur première opération conjointe : une conférence sur la transmission d'entreprise en Scop. Près d'une centaine de participants dirigeants d'entreprises, experts comptables et avocats avaient répondus présents à l'appel de Jean-François Roubaud, Président de la CGPME Ile-de-France et de Jacques Landriot, Président de l'URSCOP et PDG de Chèque Déjeuner.

Jean-François Roubaud, Président de la CGPME Ile-de-France et Jacques Landriot, Président de l'Urscop

« La reconnaissance du travail, le capital humain sont les moteurs de nos PME, nous partageons ces valeurs avec les Scop et, quand nous parlons de transmission d'entreprise, cela me semble être un facteur essentiel de la réussite du projet », un bel éloge du statut coopératif exprimé par le Président de la CGPME Ile-de-France, en introduction de cette conférence.

Une matinée riche en interaction : partage du résultat, sociétariat, démocratie dans l'entreprise ont suscité de nombreuses questions auxquelles les dirigeants de Scop et des spécialistes de la transmission en coopérative ont réagi lors de la table ronde. En voici quelques extraits :

« Comment assurer le financement d'une reprise par les salariés ? »
« Des outils financiers ont été développés avec les partenaires des Scop pour permettre aux salariés de racheter l'entreprise au prix du marché, les salariés peuvent notamment bénéficier d'un système d'avances remboursables proposé par la Région Ile-de-France.»

« Vos entreprises sont démocratiques, comment cela fonctionne concrètement ? »
« Les salariés-associés élisent un dirigeant pour un mandat. Pendant la durée de celui-ci, le dirigeant prend toutes les décisions qui relèvent de sa fonction : gérer l'entreprise au quotidien, embaucher, développer, investir... Puis il rend des comptes chaque année en assemblée générale devant les salariés-associés. Dans les faits cela implique plus de transparence au quotidien et un véritable effort de pédagogie pour expliquer ses décisions. C'est finalement très enrichissant. »

Pour conclure, une spécialiste de la transmission en Scop précisait : « La transmission en Scop, tout le monde s'y retrouve : les cédants vendent leur entreprise au prix du marché et la pérennité de l'outil de travail qu'ils ont développé est assurée (ce qui n'est pas garanti en cas de reprise externe) ; les salariés s'impliquent d'autant plus qu'ils deviennent acteurs de l'entreprise et enfin, le tissu économique est préservé car la coopérative n'est pas délocalisable, c'est un gage de maintien des activités sur le territoire».

Les prochaines actions de ce partenariat sont en cours de programmation, parmi elles des opérations de formation à destination des salariés de la CGPME permettant de détecter les projets de transmission en Scop, des petits déjeuners techniques pour présenter cette solution aux cédants et la mise en place pour eux, d'un parcours guidé de transmission (accompagnés conjointement par la CGPME et l'Urscop).

Un partenariat qui a certainement un bel avenir devant lui pour ces deux réseaux pour qui « l'humain est capital » comme se plait à le rappeler Jacques Landriot, Président de l'URSCOP et Chèque Déjeuner.