Plateau Urbain

l’innovation sociale au service de la revalorisation des espaces urbains

Tout est né d’une intuition : n’y aurait-il pas moyen de mettre en relation, d’un côté, les propriétaires des millions de m² structurellement vides dans les centres-villes et zones péri-urbaines, et de l’autre, les porteurs de projets, structures associatives, artisans etc. ne trouvant pas chaussure à leur pied sur le marché de l’immobilier classique ?

Lieux « intercalaires »

Ainsi naît en 2013 l’association Plateau Urbain, créée par un groupe d’urbanistes. « Nous faisons se rencontrer les propriétaires d’immeubles et structures temporairement vacantes et les porteurs de projets qui n’ont pas le budget pour payer des loyers au prix du marché, et nous installons des structures dans une logique «intercalaires » », explique Jean-Baptiste Roussat, directeur général délégué de Plateau Urbain. « Nous sommes dans une démarche de systématisation de l’occupation temporaire d’espaces inoccupés. Notre objectif est de fédérer des porteurs de projets d’horizons variés, de les aider à se développer, et de faire se rencontrer des mondes qui s’ignorent. C’est une démarche globale car nous travaillons sur l’animation de ces espaces mais aussi sur leur ancrage dans les initiatives locales, avec les acteurs du territoire », complète-t-il.

De l’association à la Scic

Née sous forme associative au démarrage, Plateau Urbain s’est transformé en Scic en 2017, pour mieux répondre à l’afflux d’opportunités qu’elle avait alors à gérer, et pour associer pleinement toutes les parties prenantes du projet. Une transformation qui s’est faite naturellement : « Dans l’association, nous fonctionnions déjà avec des catégories de membres. C’était en quelque sorte une préfiguration de la Scic, puisqu’aujourd’hui, nous y retrouvons ces différents collèges d’associés : les salarié·e·s, les experts, les bénéficiaires, et les enfin soutiens ».

Changement d’échelle

2018 marque un tournant pour la coopérative. Coup sur coup, elle a été lauréate du programme P’ins de la Fondation Macif, et de l’appel à projet gouvernemental Pionniers French Impact. « Cela nous a permis d’être plus mûrs face aux opportunités sur les territoires autres que l’Ile-de-France, où nous étions historiquement implantés, et de nous positionner sur des appels à projets de plus grande envergure », raconte Jean-Baptiste, « comme l’occupation de cet entrepôt de 18 000 m² à Antony, pour 6 ans, où nous travaillons avec un partenaire de longue date, l’association Aurore. Elle y héberge réfugiées statutaires et des migrants, tandis que nous proposons des espaces à très bas coût. »

Cette année, Plateau Urbain s’est ouvert à trois nouveaux territoires : Marseille, Lyon et Bordeaux. « Il s’agit de projets expérimentaux sur lesquels nous testons la duplicabilité de notre modèle, soit en appui dans un projet préexistant, soit en étant mandatés par des sociétés publiques, ou encore en partageant notre savoir-faire avec des acteurs déjà implantés localement », précise Jean-Baptiste. Pour faire face à ce développement, la coopérative a largement recruté. « De 6 collaborateur·trice·s en 2017, nous sommes passés à 26 personnes aujourd’hui ! C’est très intéressant car chaque nouvelle personne amène sa vision propre. »

Perspectives

Si déjà plus de 750 projets de toutes tailles ont été soutenus par la coopérative, Plateau Urbain espère poursuivre son implantation sur de nouveaux territoires en 2019, par exemple sur la thématique de l’occupation des centres de villes moyennes. Elle souhaite également développer une méthodologie d’étude d’impact : « Il y a un besoin de clarifier le débat et de donner des grilles de lecture, si on veut limiter le risque de mercantilisation du secteur », conclut Jean-Baptiste.

Interview Plateau Urbain - Start Scop

  • Zoom sur une coopérative