A l'école du modèle Scop

Extraits de l'article publié dans L'Express / L'expansion. Réalisé par Isabelle Hennebelle - juillet 2013

"Gestion démocratique, partage des profits, fonds propres importants... Fortes de ces atouts, les coopératives s'en sortent mieux en temps de crise. La preuve par l'exemple."

A Pantin, en Seine-Saint-Denis, non loin du métro et en retrait d'une grande avenue, la Scop UTB a des allures de paquebot de métal patiné et de bois de couleur douce. Une "belle boîte" attachée à son extérieur "designé", comme il en pousse tous les mois en région parisienne. Celle-ci officie dans le bâtiment et son président, carré dans un fauteuil devant les verrières d'une salle de réunion, a tout du patron traditionnel. Une entreprise comme une autre ? Pas tout à fait.

Charles-Henri Montaut, se dévoile : "Nous sommes une société anonyme classique à conseil d'administration avec une particularité de taille : nos 357 salariés associés sur 987 détiennent l'intégralité du capital. Je suis élu par eux tous les quatre ans depuis 1996. Vous êtes ici dans une Scop." Le nom claque comme un vieux slogan publicitaire, il commence comme société et se termine comme coopérative. "Le statut Scop n'est pas magique, mais il nous permet sans doute d'être mieux armés pour résister à la crise", poursuit-il.

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L'attraction des Scop vient aussi de sa gouvernance démocratique, si appréciable dans un monde trop souvent vertical. "La société n'est pas dirigée par des actionnaires que l'on ne voit jamais et qui ponctionnent les profits, sans se soucier de l'humain derrière le reporting", estime Carlos Ferreira, responsable du service travaux et logements neufs, sociétaire depuis six ans à UTB. Associés majoritaires, les salariés détiennent au moins 51 % du capital social et 65 % des droits de vote. Sur le principe "Une personne égale une voix", quelle que soit la quantité du capital détenue, les sociétaires élisent leur dirigeant.

Ce que prépare le gouvernement

Doubler le nombre de Scop d'ici à 2017 est l'ambition affichée du ministre délégué à l'Economie sociale et solidaire (ESS) et à la consommation, Benoît Hamon. Dans son projet de loi sur l'ESS présenté le 2 juillet en Conseil des ministres figurent deux nouveautés en faveur des Scop.

Création du statut de Scop d'amorçage. Pendant cinq à dix ans, un investisseur public ou parapublic pourrait entrer au capital de façon majoritaire. Les salariés pourraient ainsi se lancer avec seulement 20 ou 30% du capital (contre 51% requis aujourd'hui), mais conserveraient toujours 65% des droits de vote, le temps de trouver les financements nécessaires pour monter au capital. Pour financer ces Scop, un fonds de fonds avec BPI France devrait voir le jour avec, à terme, une capacité de 100 millions d'euros. Des groupes de Scop sont aussi à l'étude, afin de permettre d'atteindre une taille critique et de pouvoir candidater sur les marchés publics ou aller à l'export.

Création d'un droit d'information préférentiel au bénéfice des employés pour faciliter les reprises par les salariés dans les cas de cessions d'entreprises.

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Près de 1 000 salariés, en Scop depuis 1933